Enseignement (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle. Dérivé d' enseigner.
1. Surtout au pluriel. Leçon, instruction, précepte. Une expérience riche d'enseignements. Les s de l'histoire. Ce livre contient de précieux s en matière de morale.
2. Action de transmettre un savoir ; résultat de cette action. L' de la géographie. L' musical. L' professionnel. Il avait une longue pratique de l'enseignement. Une méthode d'enseignement. L' par correspondance.
3. Organisation de l'instruction. L' public, privé. L' primaire, secondaire, supérieur.
4. Profession de ceux qui enseignent. Il est entré dans l'enseignement.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Art d'enseigner; Action d'enseigner ou Résultat de cette action. "Méthode d'enseignement. Liberté d'enseignement. Ce maître a la pratique de l'enseignement. Il se destine à l'enseignement. Enseignement mutuel. Enseignement professionnel."
Il désigne aussi le Corps des maîtres chargés d'enseigner. "Organisation de l'enseignement. L' public, privé. L' primaire, secondaire, supérieur. Le personnel de l'enseignement. Il est entré dans l'enseignement."
Il signifie aussi, au pluriel, Instructions, préceptes, leçons. Il se dit surtout en parlant des Choses morales. "Donner de bons s. Il n'a guère profité des s qu'on lui a donnés."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   L'action d'enseigner. La carrière de l'enseignement. Ce professeur a la pratique de l'enseignement.

 2   Enseignement public, l' que donne l'État ; il se divise en primaire, secondaire et supérieur.
    Enseignement primaire, celui qui donne les premiers éléments des connaissances, lecture, écriture et arithmétique.
    Enseignement secondaire, celui qui embrasse l'étude des langues anciennes, de la rhétorique et les premiers éléments des sciences mathématiques et physiques et de la philosophie. Il se donne dans les lycées et les colléges, ainsi que dans les petits séminaires.
    Enseignement supérieur, celui qui est destiné à enseigner dans toute leur étendue les lettres, les langues, les sciences et la philosophie. Il se donne dans les facultés, au Collége de France et dans les grands séminaires.

 3   Se dit des différentes méthodes d'enseignement.
    Enseignement individuel, celui dans lequel le professeur s'occupe en particulier et successivement de chacun des élèves d'une classe.
    Enseignement mutuel, celui dans lequel on emploie les élèves les plus avancés sous le titre de moniteurs, pour répéter aux autres ce qu'eux-mêmes viennent d'apprendre.
    Enseignement simultané, celui dans lequel le professeur s'adresse à la masse des élèves de la classe ou d'une subdivision, et leur fait faire à tous en même temps les mêmes exercices.
    Enseignement professionnel, celui dans lequel on apprend aux enfants ce qui est nécessaire à la profession qu'ils doivent suivre un jour et principalement aux professions commerciales et industrielles.

 4   Enseignement libre, que donnent les particuliers, par opposition à l' public ou de l'État.
    Enseignement obligatoire, disposition légale en vertu de laquelle tous les pères sont obligés d'envoyer leurs enfants à l'école.

 5   La carrière de l'enseignement, le corps enseignant. Il est entré dans l'enseignement. Il se destine à l'enseignement.

 6   L'action d'instruire en général. L' développe la moralité d'un peuple.
    En un sens plus restreint et spécial. L' universitaire. L' des jésuites.

 7   Précepte qui enseigne à faire ou à éviter.
MALH.: « L'art de la guerre A moins d'enseignements que tu n'as de vertus »
ROTR.: « Satisfaites les dieux par votre amendement, Et sachez-moi bon gré de cet »
BOSSUET: « Un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli ; voilà les s que Dieu donne aux rois ; ainsi fait-il voir au monde le néant de ses pompes et de ses grandeurs »
BOSSUET: « Les s que Dieu donnait à son peuple »
PASC.: « Et pratiquons cet »

 8   Au plur. Ancien terme de pratique. Titres et s, les pièces servant à prouver un droit, une possession, une qualité.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Psautier, f° 88: Ge ai affermé par mes enseignemenz les colonnes de Dieu
     la Rose, 13705: Car voi bien que vous escrivés On livre du cuer volentiers Tous mes enseignemens entiers
RUTEB.: « Le pape Gregoire, Qui par lettres la saluoit Et mult d'escriz li envoioit, Où mult avoit d'enseignement, Por qu'ele vesquist chastement »
JOINV.: « Lors appela mons Philippe son filz, et h commanda à garder aussi comme par testament touz les s que il lui lessa »
JOINV.: « Et ce prince et tout son peuple reçurent leur s [des prédicateurs] si debonnairement, que il furent touz baptiziés »
    XVème siècle
     Chr. de St Denis, t. II, f° 33, dans LACURNE: L'empereur revestu de ses habits et s [insignes] imperiaux
     Bouciq. part. IV, ch. 6: Et en ce faisant, tiens bien l' du sage duc d'Athenes qui fut appelé Pericles qui disoit, comme rapporte Justin....
    XVIème siècle
MONT.: « Paetus se frappa tout soubdain de ce mesme glaive, honteux, à mon advis, d'avoir eu besoin d'un si cher et precieux [le coup dont sa femme s'était frappée] »

ÉTYMOLOGIE
    Enseigner ; provenç. ensegnamen, ensenhaman, essegnamen ; espagn. enseñamiento ; ital. insegnamento.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Instruction, précepte. Il se dit surtout en parlant Des choses morales. "Donner de bons s. Il n'a guère profité des bons s qu'on lui a donnés. Les malheurs d'autrui nous doivent servir d'enseignement."
Il se dit aussi de L'action ou de l'art d'enseigner. "Ce maître a la pratique de l'enseignement. L' demande des méthodes appropriées à l'intelligence et à la capacité de ceux qu'on veut instruire. L' public. L' primaire. L' mutuel."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Instruction, précepte. Il se dit plus ordinairement en parlant Des choses morales. "Donner dè bons enseignemens. Il n'a guère profité des bons enseignemens qu'on lui a donnés. Les malheurs d'autrui nous doivent servir d'enseignement".
Il se dit aussi De l'action d'enseigner. "Ce Maître a la pratique de l'enseignement. L' demande des méthodes appropriées à l'intelligence et à la capacité de ceux qu'on veut instruire. L' public est fort négligé".
On appelle en termes de Pratique, "Enseignemens," Les piêces qui servent à prouver, à établir un droit, une possession, une qualité, etc. "Fournîr des titres et enseignemens. Soustraire, détourner des titres et enseignemens". On ne le dit guère seul et sans le mot de "Titres".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Instruction, précepte. Il se dit plus ordinairement en parlant des choses morales. "Donner de bons enseignemens. Il n'a guère profité des bons enseignemens qu'on lui a donnés. Les malheurs d'autrui nous doivent servir d'enseignement."
On appelle en termes de Pratique, "Enseignemens," Les pièces qui servent à prouver, à établir un droit, une possession, une qualité, &c. "Fournir des titres & enseignemens. Soustraire, détourner des titres & enseignemens." On ne le dit guère seul & sans le mot de "Titres."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

ENSEIGNER, v. act. ["Ancègneman", "né". 1re. lon. 2e "è" moy. mouillez le "g": 3e"e" muet au 1er, "é" fer. au 2d] Instruction. Instruire.
- Le "substantif" ne se dit guère que des chôses morales. Le verbe se dit aussi des Lettres et des Arts. 'Il n'a guère profité "des" bons "enseignemens" qu'on lui a donés. 'Les faûtes d' autrui doivent nous servir d'"enseignement". '"Enseigner les" ignorans. '"Enseigner la" vertu; "les" sciences, "les" langues. = "Enseigner", c'est aussi indiquer, doner conaissance de... '"Enseignez moi sa" maison, "cette" recette. 'La natûre "nous enseigne" que tous les excès sont pernicieux. = "Enseigné" ne se dit que des chôses. On ne dit point d'un enfant qu'il "a été" bien "ou" mal "enseigné", quoiqu'on dise "enseigner des enfans"; mais on dit fort bien, par exemple, 'Les sciences "enseignées" methodiquement ne s'oublient guère.
   Rem. 1°. "Enseigner", régit "à" devant les noms et les verbes. 'C'est lui qui "a enseigné à" ce jeune homme la Philosophie. 'Il "lui a enseigné à lire", "à écrire". * Anciènement on disait, "enseigner de". 'Elles "leur enseigneront de lire", "d'ecrire", "de coudre", etc. On dit aujourd'hui, "à coûdre", etc. 'Éloignez de lui la pernicieuse flatterie; "enseignez-lui à se vaincre". TÉLÉM.
   * 2°. "Bossuet" fait régir au passif la prép. "de". 'Je ne refuserai jamais d'"être enseigné du" moindre de l'Eglise. Si ce verbe s'employait au passif, il régirait plutôt la prép. "par"; mais on ne dit point, "être enseigné", "je suis enseigné", etc.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Instruction, precepte. Il se dit plus ordinairement en parlant des choses morales. "Donner de bons s. il n'a guere profité des bons s qu'on luy a donnez. les malheurs d'autruy nous doivent servir d'enseignements".
On appelle en terme de Pratique, "Enseignements," Les pieces qui servent à prouver, à establir un droit, une possession, une qualité &c. "Fournir de titres & enseignements".




Emplacement dans le dictionnaire :

enrouler
enrubanner
ensablé
ensabler
ensacher
ensanglanté
ensanglanter
enseignant
enseigne

enseigner
ensellé
ensemble
ensemencement
ensemencer
enserrer
ensevelir
ensiforme
ensiler
ensoleillé
ensoleillement




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...mots proscrits qui s'adaptèrent désormais à des poids et à des mesures conformes à la loi nouvelle. Il restait à adoucir la théorie, comme on avait adouci la pratique et à faire rentrer dans l'enseignement primaire les termes français chassés au profit du grec ; on ne l'a pas osé et l'on continue à enseigner dans les écoles toute une terminologie très inutile et très obscure. Aujourd'hui comme durant...


Citation n°2 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...notre parler orgueilleux de sa noblesse et de sa beauté. Je crois vraiment qu'en face de l'anglais et de l'allemand le latin est un chien de garde qu'il faut soigner, nourrir et caresser. Ou bien l'enseignement du latin sera maintenu et même fortifié par l'étude des textes de la seconde et de la troisième latinité ; ou bien notre langue deviendra une sorte de sabir formé, en proportions inégales, de...


Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...une volonté d'assimilation qu'il a négligée en grande partie. Aujourd'hui le mot étranger qui entre dans la langue, au lieu de se fondre dans la couleur générale, reste visible comme une tache. L'enseignement des langues étrangères nous a déjà inclinés au respect d'orthographes et de prononciations qui sont de vilains barbarismes pour nos yeux et nos oreilles. Si à dix ans de latin on substituait dans...


Citation n°4 de Maurice BARRÈS (Le Voyage de Sparte)

...temps, à la chambre, dans un débat sur l'enseignement ou mieux sur les aspirations de la conscience française, on a recherché comment l'instituteur primaire et le maître, à tous les degrés de l'enseignement, pourraient satisfaire cet immense besoin de discipline et d'élévation qui est dans toute âme humaine. J'ai montré que nos instituteurs cherchent vainement une doctrine qui les satisfasse. Le...


Citation n°5 de Maurice BARRÈS (Le Voyage de Sparte)

...en est écartée. Rien n'est plus faux comme représentation de la vie qu'une série dans un musée. Ces divisions, ces classifications, fort utiles pour exposer les faits, pour en faire une matière d'enseignement, faussent le spectacle, et dénaturent la vie antique. On a voulu me mettre en présence du miracle grec, on me l'a rendu incompréhensible. Il fallait accepter ces disparates, la tour des francs sur...


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